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REFORME DU STATUT : NE PAS TOMBER DANS LE PANNEAU ET RÉUSSIR LA GRÈVE

 

Isolé, mis en minorité par une motion de défiance, confronté à une grève de 24H00 votée par une très forte majorité, le Pdg Emmanuel Hoog tente de s’en sortir comme il peut et par là-même de sauver sa tête.

En spécialiste des coups tordus (souvenons-nous du déménagement !), il installe un rideau de fumée, en créant délibérément la confusion, pour désorienter, démobiliser et diviser le personnel, qui rejette massivement la Proposition de loi Legendre (PPL) de réforme du statut.

Tel est le sens du communiqué qu’il a publié mardi soir qui ne constitue en aucun cas à nos yeux une voie de sortie de crise et une mise au rancart de la PPL, grave menace pour l’indépendance de l’AFP. Tout au plus un os à ronger pour certains "syndicalistes" qui imploraient Emmanuel Hoog de bien vouloir adresser un signe leur permettant de retrouver enfin "le chemin de la raison" plutôt que de s’engager dans un conflit.

Le Pdg réaffirme ainsi que "la voie la plus sûre est législative" pour modifier le statut. Il se borne juste à "étudier" la voie réglementaire. Et encore : sur l’un des aspects seulement de la PPL, la définition de la mission d’intérêt général de l’Agence qui donnerait droit à des financements publics.

M. Hoog ne fournit de plus aucun calendrier : quand saura-t-on que le Pdg juge possible ou non la voie réglementaire ? Mystère.

Rappelons-le une nouvelle fois : il n’y a pas besoin de modifier le statut pour satisfaire les exigences de Bruxelles en matière de financements publics. Cela peut être réglé par une convention entre l’AFP et l’État, et plusieurs entreprises de l’Union européenne ont d’ailleurs procédé ainsi ! Bruxelles n’a jamais exigé une révision, ni même un toilettage du statut, tout en exigeant qu’un financement corresponde à des missions d’intérêt général dûment précisées.

Pour tout le reste de la PPL, c’est le flou le plus total, évidemment entretenu de manière délibérée. Si la voie réglementaire était possible, "la réforme législative de la gouvernance se posera naturellement dans des termes différents", nous dit le Pdg. Qu’est-ce à dire ? On ne saurait embrouiller davantage les esprits !

Emmanuel Hoog ne manque pas d’air. Après avoir accusé le personnel de piratage et autres craquages de mots de passe, il revient à la charge avec sa proposition de "concertation" interne sur le statut. La CGT ne saurait se prêter à cette opération-piège. Un dialogue ne peut s’engager que sur des bases claires. Cela implique que des assurances soient fournies sur le sort de la PPL Legendre, dont nous ne voulons pas. Où sont ces garanties ?

L’unanimité des organisations syndicales s’était faite pour exiger que M. Hoog dise clairement qu’un examen parlementaire de la PPL n’était pas souhaitable.

Aujourd’hui, en messagers du Pdg, après avoir guetté des " signes ", certaines jouent les rois mages annonçant la bonne nouvelle : la PPL "est mort-née". Ce qui ne les empêche pas d’écrire que la réponse du Pdg est "a minima". Pas si mort-née que cela, donc, la PPL...

Ceux qui - quelques jours après avoir décliné l’offre - promettent désormais leur concours à la pseudo-concertation prennent une lourde responsabilité. Négocier l’épée dans les reins - celle de la PPL Legendre - risque de conduire à un fiasco.

Pour nous, il n’y a qu’une voie à suivre : continuer le combat contre la PPL. C’est pourquoi LA GRÈVE DE 24H00, A PARTIR DE 18H00 (16H00 GMT) CE JOUR, DOIT ÊTRE SUIVIE MASSIVEMENT PAR TOUS LES PERSONNELS.

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PARIS, 14/09/2011