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"CE QUI EST DÛ EST DÛ" : M. HOOG, HONOREZ VOTRE PAROLE SUR LA RÉGULARISATION DE NOS CONGÉS PAYES

 

Lors du C.E. du 24 mars 2011, le PDG a déclaré à propos de la régularisation des indemnités légales de congés payés : "Ce qui est dû est dû". Or, un grand nombre de salariés attend toujours la TOTALITÉ de ce qui lui est dû (sur 5 années seulement puisqu’il s’agit d’un rappel salarial, les années 1997-2005 passant à la trappe). De la réunion ce mois-ci entre les syndicats et la DRH, Béatrice André, il n’est rien sorti d’autre, une fois de plus, qu’un écran de fumée.

L’intersyndicale avait exigé la remise -dans sa totalité- du rapport d’expertise du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), qui a effectué le calcul de régularisation des indemnités de congés payés pour chaque salarié. Il s’agissait de savoir si - il y a toutes les chances que ce soit le cas - la direction a fait le tri dans les recommandations de PwC, entre les éléments de salaire à intégrer dans le versement des arriérés, en y incluant certains et en en écartant d’autres. Ce rapport, la direction persiste à le tenir secret, et pour cause :

LE COMPTE N’Y EST PAS !

Selon nos sources, dans le rapport initial, le cabinet PwC semble avoir appliqué la loi, si bien que chaque salarié aurait dû percevoir une régularisation différente de ce que la direction a décidé de lui verser a minima. Et même, a minima du minima. Certains salariés n’ont même pas touché un seul euro d’arriéré, et la direction n’avait même pas jugé utile de les prévenir que s’ils n’avaient rien touché, c’est qu’ils n’avaient droit à rien - ou soit-disant !

Par exemple, dans le calcul de l’assiette, la direction a décidé d’exclure le 13ème mois, les primes d’ancienneté maison et professionnelle, les R.T.T. et bien d’autres rubriques encore (il y a 400 rubriques de paie à l’AFP, paraît-il !).

Et, sans vergogne, ont été exclus de cette régularisation les plus précaires et les plus fragiles économiquement ; à savoir les CDD, les pigistes, ainsi que les retraités. Mais ce n’est pas fini : ont également été exclus, les expatriés qui ont pourtant le même statut que les autres salariés du siège et dépendent tout autant de notre convention collective avec les mêmes droits.

Et que voit-on apparaître en première position des catégories entrant dans la liste des personnes qui doivent être régularisées ? Les anciens PDG et des directeurs, ceux-là même qui savaient et se sont fait complices de cette malversation !

LES VASES COMMUNICANTS

Cela fait 14 ans que nous avons un manque à gagner, non pas par suite d’une erreur, mais bien par une décision mûrie de membres de la direction de l’époque. En 2002, dans un mémorandum, le DRH pointait l’illégalité de ce choix : "le Président a été clair sur ce point, il veut qu’on applique la Loi et que le 13ème mois soit intégré dans le calcul des congés payés (..) pour éviter un mouvement collectif de protestation". Leurs successeurs ont malgré tout jugé bon de continuer. Pour faire baisser la masse salariale ou bien pour payer les bonus ?

Ces fameux bonus, scandale révélé par les syndicats, ont marqué le début des années 2000, primes de 30.000 et 35.000 euros octroyées à des directeurs tandis que d’autres cadres ne touchaient "que" 1.500 euros. On sait aujourd’hui que, dans le même temps, le salarié de base se faisait spolier.

Pour couronner le tout, la direction invoque le coût de ce rattrapage pour décréter l’austérité généralisée, en commençant par les salaires (1% de hausse pour les plus bas, 0,5% pour le "niveau intermédiaire", rien au-dessus), alors qu’elle a constitué une provision pour le jour où elle devrait enfin passer à la caisse !

QUE LA DIRECTION APPLIQUE LA LOI !

Dans ses communiqués successifs, la direction affirme que les dossiers de régularisation des ongés payés sont traités en toute transparence avec les "partenaires sociaux". Elle assure que "la mise en conformité avec le droit ne fait pas débat". Soit. Pourquoi alors ne pas communiquer l’intégralité de l’étude de PwC ? Pourquoi exclure des salariés ?

14 ans que le personnel de l’AFP est spolié en toute illégalité et en toute connaissance de cause. Malgré cela, la direction actuelle persévère. Des salariés attendent encore des réponses à leurs messages envoyés à la "permanence" qui doit être mise en place à la DRH. Et ce ne sont pas les explications confuses de cette même DRH, ni les lettres dépourvues de toutes explications claires envoyées à des salariés, qui arrangeront les choses.

D’ores et déjà des actions en justice ont été annoncées. Pour sa part, avec les autres syndicats, la CGT saisira dans les prochains jours l’Inspection du Travail qui dira et fera respecter nos droits.

SNJ-CGT - Paris, le 16/12/2011