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A L’AFP, HOOG DELOCALISE LES EMPLOIS

 

Casse des emplois et atomisation des desks photo, voici le dernier projet en date élaboré par Emmanuel Hoog flanqué de quelques cadres du service photo, que le Pdg s’est obstiné à faire passer au Comité d’entreprise, au bout de trois réunions de cette instance. C’est sous l’intitulé « Réforme des Desks Photo France et Inter avec renfort des desks photos européens » que ce projet a été présenté, après avoir été renvoyé au CHSCT. Le CE (dont tous les élus CGT) a voté contre.

Pour la direction, « Le projet de réforme des desks photos France permet de développer les synergies des desks photo France et Inter en mutualisant leur travail et à renforcer les pôles d’édition de trois grands bureaux européens. Il permet de renforcer le dialogue au sein des équipes sur le terrain et de mieux servir nos clients. Il crée de nouvelles opportunités d’expatriation pour les éditeurs. »

Une présentation enjolivée et cajoleuse, pour ce qui ne veut pas dire son nom et justifier l’injustifiable : délocalisation et réduction des effectifs du siège.

Desks photo morcelés, au siège la portion congrue

Ce projet prétend « développer nos desks photos européens pour être plus près de l’actualité, des clients et de nos photographes locaux, et pour que ces desks puissent tourner autant que possible 7j/7 ». La direction a été incapable d’expliquer en quoi la problématique de la photo était différente du texte, par exemple. Elle a eu beau affirmer qu’aucun autre projet n’était dans ses cartons, on ne voit pas au nom de quoi la logique d’éclatement de la rédaction qu’elle s’efforce d’imposer partout dans le monde ne se poursuivrait pas.

Dans le détail, Londres (avec 4 éditeurs) sera responsable du Royaume-Uni et de la République d’Irlande, Berlin (4 éditeurs) aussi de l’Allemagne, de l’Europe centrale, de la Scandinavie, des Balkans et de l’ex-CEI, Madrid (3 éditeurs + 1 Rome) de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.

Dans une logique bizarroïde et un lien supposé entre les deux pays, Rome dépend de l’Espagne et enverra sa production sur Madrid !

Au siège parisien (20 postes) est réservée la portion congrue européenne puisqu’il ne gérera plus que la France (Dom Tom compris), le Benelux, la Turquie, la Grèce, la Suisse, un ensemble parfaitement homogène, comme chacun sait. Et l’Afrique. Ce continent dont on sait qu’un projet de desks locaux est déjà dans les cartons.

Le ridicule ne tuant pas, les promoteurs de ce projet écrivent que, par exemple, l’éditeur basé à Berlin sera « plus proche de l’actualité » de la Lituanie ou de l’Albanie ou bien qu’il en « connaît mieux la presse locale » (Sic).

Pourquoi ne pas plutôt renforcer les desks parisiens ? Croit-on que les journalistes du desk parisien s’intéressent si peu à l’actualité européenne.

Inflation des postes de locaux et réduction des statuts siège

Vider le siège de sa substance pour l’éclater en diverses capitales européennes sous couvert de « renforcement » et « d’opportunité d’expatriations », la ficelle est grosse. On nous dit qu’il n’y aura « aucune suppression de poste » au siège puisqu’en « mutualisant » les forces des deux desks parisiens actuels (France et Inter) on dégage six postes, trois « redéployés » en Europe sous statut expatrié, deux au multimédia et un comme…rédacteur-en-chef Europe. Histoire sans doute de tenter de coordonner des sous-ensembles complètement éclatés !

On peut deviner comment les choses se passeront : quand ils seront de retour au siège, les trois éditeurs expatriés seront remplacés - cela s’est vu à Washington ou ailleurs - par… des éditeurs locaux dans ces bureaux européens.

Ce projet est incohérent rédactionnellement, en totale contradiction avec la logique d’organisation de l’édition de l’AFP.

Cette délocalisation fait fi de l’avenir de l’Agence, de ses emplois, avec la volonté affichée de faire du siège une coquille vide et d’affaiblir collectivement des salariés de plus en disséminés et donc divisés, et toujours plus exposés aux ukases de petits potentats locaux. Si ce projet est mené à son terme, le reste risque de suivre et toutes les catégories seront touchées.

Pour le PDG, démembrement de l’AFP et délocalisations à l’ordre du jour

Après l’épisode de la scission de la rédaction voulue avec le déménagement rue Vivienne, dont on constate chaque jour les conséquences désastreuses, le chantage pitoyable à la démission dont tout le monde se souvient encore, une motion de défiance à l’encontre d’Emmanuel Hoog approuvée par plus de 88% du personnel en septembre 2011, le PDG semble vouloir continuer de plus belle la casse de la maison.

CGT toutes catégories, Paris le 12 juin 2012