Syndicat de journalistes CGT - section de l’Agence France-Presse

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AFFAIRE MOREL : LA DIRECTION INVENTE L’AUTO-ABSOLUTION

 

L’affaire Morel, celle des photos du tremblement de terre de janvier 2010 en Haïti repiquées sur Twitter/Twitpics de "sa propre initiative" par un ex-coordinateur photo pour l’Amérique du Nord, aujourd’hui promu, continue de susciter de nombreuses questions, mais aussi à provoquer l’indignation dans la maison. Cette affaire vaut à l’AFP d’être poursuivie en justice par le professionnel auteur de ces photos utilisées sans vergogne.

Lors de la réunion DPJ du vendredi 15 février, le SNJ-CGT a interrogé la direction à ce sujet. Comme habituellement les réponses de la direction fournies aux délégués du personnel et publiées ensuite sur l’intranet ASAP ne reflètent pas les débats qui ont lieu lors de ces réunions, voici une courte retranscription, à quelques mots près, du dialogue entre les représentants des organisations syndicales et ceux de la direction au sujet des photos volées :

Le SNJ : "A-t-il eu une sanction ?"

La Direction : "Oui. Il a reçu une lettre"

Le SNJ-CGT : "Lorsqu’il y a sanction, légalement les délégués du personnel doivent en être informés"

La Direction : "Euh, non il n’y a pas eu sanction"

Le SNJ : "Peux-tu nous confirmer qu’il n’a pas eu de sanction ?"

La Direction : "Oui, je confirme"

Le SNJ-CGT : "Si c’est une initiative personnelle, a-t-il informé sa hiérarchie avant de diffuser les photos ?"

La Direction : "Oui"

Le SNJ-CGT : "Qui ça ? La direction Photo ? Le directeur de Washington ?"

La Direction : "Non, il a informé le coordinateur photo et comme c’est lui le coordinateur photo..."

Cette pantalonnade pourrait prêter à sourire si l’affaire n’était pas si grave. Outre l’atteinte à l’image de l’Agence et de ses journalistes, les conséquences financières risquent d’être énormes : la perspective est évoquée de dommages et intérêts supérieurs à 1 million de dollars, et ce alors que les finances de l’Agence sont au plus mal.

Mais la petite minorité qui nous dirige n’en a cure. Une note du 24 janvier 2013, en forme de simple rappel sur la nécessité de vérifier les sources, règle basique pour tout journaliste qui se respecte, suffit pour s’absoudre, au sein de la haute hiérarchie. Chez les gens "hors catégories" on sait vivre : mansuétude pour eux et caporalisme envers les autres !

Le personnel est informé, le prix de la sanction est désormais fixé : plus de 1.200.000 dollars u.s ! La promotion, c’est pour après.

SNJ-CGT, Paris le 20 février 2013