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FINANCES, STATUT, DROITS SOCIAUX : LE PERSONNEL DE L’AFP DOIT ÊTRE EN ALERTE

 

Les déclarations du PDG au CE du 19 septembre contiennent des éléments inquiétants pour le personnel, tant dans la perspective des décisions de la Commission européenne et de la mission parlementaire confiée à Michel Françaix et ses possibles conséquences pour l’avenir de l’AFP, que dans le domaine social. Sur ce dernier point, Emmanuel Hoog affirme vouloir négocier un accord d’entreprise pour une "remise à plat" des accords internes en matière de "parcours professionnels, de rémunération, de temps de travail".

NÉGOCIATIONS, OUI, REMISE À PLAT, SÛREMENT PAS !

L’AFP a une histoire construite par son personnel, qui n’a jamais failli quand il était nécessaire de se mobiliser pour défendre son statut d’Indépendance. Par ailleurs, des années de négociations et de lutte ont abouti à des accords qui donnent des droits aux salariés (salaires, progression de carrière, congés, etc.), et les protègent, notamment des décisions arbitraires en matière d’affectation, comme c’est le cas avec le Protocole de 1969.

La direction a essayé maintes fois ces dernières années de s’affranchir de l’application de ces accords. Dans son intervention au CE, le PDG a cité le protocole de 69 et mis en question sa pertinence avec pour unique argument "un texte de 69 n’est plus valable en 2013".

Avec un tel raisonnement, on pourrait affirmer que la Déclaration universelle des Droits de l’homme, ô combien plus ancienne, n’est pas valable aujourd’hui, et jeter à la poubelle le statut de 1957.

Le protocole de 69 est le seul accord qui en matière de mobilité, outre la transparence des nominations (certes assez malmenée dernièrement par la direction), garantit qu’aucun salarié ne peut être muté dans une région ou à un poste de production, administratif, technique, sans avoir présenté sa candidature.

La CGT est toujours prête à négocier, à condition que l’objectif de la négociation ne soit pas d’avaliser des reculs sociaux. Elle n’acceptera aucune négociation dont l’objectif serait la remise en question des acquis des salariés, sous couvert de "modernisation". Si le PDG veut un nouvel accord d’entreprise, celui-ci devra forcément apporter des améliorations, et en aucun cas mettre à terre ce que le personnel et les syndicats ont mis tant d’années à construire.

BRUXELLES, FINANCES, ENGAGEMENT DE L’ETAT : LES DANGERS SONT NOMBREUX

Au CE, Emmanuel Hoog a fait un compte-rendu de l’état des négociations avec la Commission européenne suite à la plainte de l’agence DAPD, qui court toujours malgré la disparition de DAPD. Car pour ce qui est d’installer le libéralisme partout, y compris dans le domaine de l’information, qui ne saurait être considérée comme une marchandise, on peut hélas toujours compter sur les libéraux orthodoxes de Bruxelles. En parallèle, la direction négocie avec l’État un nouveau COM (Contrat d’objectifs et de moyens) et un plan stratégique, qui devra être "en cohérence" avec la décision de Bruxelles selon le PDG.

Or, la direction nous a affirmé plusieurs fois que, si elle a bon espoir que la Commission accepte nos arguments sur le principe des missions d’intérêt général de l’agence (MIG) et un financement de l’État pour ces missions, elle est encore réticente sur l’article 14 du statut de 57 protégeant l’AFP de la faillite.

Et, dans l’état actuel des finances de la maison (un budget verrouillé à double tour qui oblige parfois à faire des impasses rédactionnelles, un endettement qui monte en flèche et une trésorerie exsangue, avec des perspectives d’aggravation en 2014), la remise en question de l’article 14 pourrait à terme mettre en péril l’avenir même de l’AFP.

La direction porte évidemment l’entière responsabilité de la dégradation alarmante des finances de l’agence : déménagements, programme très coûteux de travaux dans un calendrier trop serré, procès en tout genre, dont le nombre ne cesse d’augmenter depuis 3 ans. Nous encourageons d’ailleurs la mission parlementaire à s’intéresser de très près aux comptes de l’Agence.

Toujours selon le PDG, la mission confiée au député Michel Françaix par la ministre de la Culture permettra "d’assurer la sécurité juridique du développement de l’AFP au regard des droits en vigueur".

Mais la ministre de Culture, en annonçant cette mission, a évoqué "les conditions législatives, réglementaires et financières d’exercice des missions de l’Agence".

"Législatives" ? On peut en déduire qu’une nouvelle mise en cause du statut de 57 n’est pas exclue. La CGT adresse donc un avertissement. Elle s’emploiera à mobiliser le personnel sur tout ce qui viendrait affaiblir le statut d’indépendance de l’AFP.

Reste à savoir aussi comment vont être négociées la contribution de l’Etat aux MIG et la convention pour la partie commerciale. Nous mettons la direction en garde : la reconnaissance des missions d’intérêt général et le prochain COM ne sauraient être l’occasion de réduire les moyens attribués à l’AFP.

Le PDG a affirmé que, parmi les principes du plan stratégique négocié dans le cadre du COM, figure l’"amélioration de notre marge d’exploitation pour garantir les bases de notre développement". S’il s’agit, dans une entreprise de main-d’œuvre comme l’AFP, d’ "améliorer" la marge sur le dos des salariés, dont les salaires réels ne cessent de baisser, et dont la précarité ne cesse de se développer, la direction nous trouvera en travers de sa route.

CGT toutes catégories - Paris, le 27/09/2013