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ATTAQUE DES DROITS SOCIAUX PAR HOOG : LA CGT APPELLE A LA RÉSISTANCE

 

Salaires, temps de travail, congés, plans de carrière, statut des expatriés : le PDG veut tout remettre en question et, tout en affirmant que la principale richesse de l’AFP est son personnel, M. Hoog veut l’appauvrir de tous ses droits !

La CGT avait écrit le 27 septembre que le personnel de l’AFP devait être en alerte pour défendre le statut de l’agence et ses droits sociaux. Les menaces se sont très vite confirmées. Le moment est venu de passer à la résistance.

Après avoir dit qu’il voulait seulement simplifier et réunir dans un seul texte les différents accords et protocoles de l’entreprise, après avoir fait la chaise vide le 7 novembre à la première réunion, qu’il avait pourtant convoquée à grand renfort de publicité, le PDG a nié devant l’intersyndicale le 13 novembre ce qu’il avait en fait déjà écrit et qu’il a publié immédiatement dès la fin de la réunion avec les représentants du personnel : sa ferme intention d’attaquer les droits sociaux des salariés de l’AFP.

Cette façon de procéder ("Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !", a-t-il répété plusieurs fois), c’est son habitude et sa stratégie. Le personnel avait déjà pu apprécier cette méthode lorsque Emmanuel Hoog s’était attaqué au statut de l’agence à travers la proposition Legendre. La mobilisation des salariés, qui avaient voté massivement une motion de défiance à son encontre, avait alors déjoué ses manoeuvres.

LES ARGUMENTS DU PDG NE TIENNENT PAS LA ROUTE

A commencer par Bruxelles et le Statut de 57. Emmanuel Hoog écrit que "nous ne pouvons plus compter sur l’État pour financer nos investissements". Or, la référence explicite introduite dans la loi à la mission d’intérêt général remplie par l’AFP avait été présentée comme la solution afin que Bruxelles accepte les financements sur fonds publics.

De même, le fait que l’AFP n’a pas atteint l’objectif de croissance prévu par le COM 2009-2013 (4,7% au lieu de 1,6% comme moyenne annuelle) ne peut être un argument. M Hoog semble découvrir aujourd’hui qu’il n’était pas réaliste. Mais au moment de la signature du COM, en 2009, c’était une évidence et les élus CGT au CE avaient affirmé qu’un tel chiffre ne pouvait sortir que des calculs tactiques du PDG de l’époque, Pierre Louette, qui avait la volonté de privatiser l’agence.

Fallacieuse aussi la comparaison qui est faite entre l’évolution du chiffre d’affaire et celle de la masse salariale. Que les dépenses de personnel aient augmenté de 2,6% par an pendant le COM qui s’achève, c’est d’une modération saisissante ! Car, ces cinq dernières années, le volume de la production de l’AFP s’est considérablement accru. Qu’on songe à la vidéo, où le nombre de sujets produits est maintenant dix fois plus important qu’il y a quelques années. Ce qui signifie que la productivité des salariés de l’AFP est toujours plus importante. Mais au prix, la plupart du temps, de la précarité des nouveaux embauchés.

Par ailleurs, le PDG feint d’ignorer que la croissance des provisions pour congés payés qu’il évoque est due au fait que le manque d’effectifs chronique dont souffrent de nombreux services oblige les salariés à travailler à flux tendu et les empêche de prendre les jours de congés auxquels ils ont droit.

L’ AFP n’est pas déficitaire dans son fonctionnement, qu’elle finance elle-même. Son chiffre d’affaire est en progression. Arrêtons de faire croire que l’AFP est en péril ! Le communiqué de la direction du 29/10/2013 publié après la réunion du Conseil d’administration sur l’exécution du budget 2013 signale "un risque sur le chiffre d’affaires commercial se situant entre 0,6% et 1% du budget, soit entre 1 et 1,6 millions d’euros" et affirme que "grâce à une rigueur de gestion et une refonte profonde de nos mécanismes de gestion, la marge d’exploitation devrait rester positive". Absolument rien à voir, par exemple, avec la grave crise financière de 1986, lorsque le déficit représentait près de 10% du chiffre d’affaire.

UNE PITEUSE GESTION

Certes, la trésorerie est dans le rouge certains mois. Mais cela est dû aux choix stratégiques et à la piteuse gestion de la direction (coût des travaux somptuaires, gaspillage organisé -meubles en bon état jeté , il parait que le plancher du 3eme tout neuf va être refait-, coût de la direction de la communication - 3 CDI fin 2010, 8 fin 2012-, inflation de postes de directeurs et de la haute hiérarchie, locations de salles à grands frais pour les réunions des CCI, et on en passe...). Les salariés, sur le dos desquels se sont déjà fait d’importantes économies, ne sont en rien responsables et ne sauraient accepter d’être sacrifiés par cette direction qui n’écoute personne et qui, "droit dans ses bottes", ne reconnait jamais la moindre erreur.

Quant au "cap clair" de M. Hoog, cela fait belle lurette que l’AFP a internationalisé son chiffre d’affaires et diversifié ses contenus, bien avant son arrivée.

Enfin, en ce qui concerne "la sécurisation de notre relation avec l’État", nous attendions que le PDG le fasse dans le cadre des discussions avec Bruxelles comme avec les pouvoirs publics sur le nouveau COM. Si de ces négociations ne sort pas un mécanisme pérenne qui permettrait à l’Agence de financer son développement, M. Hoog aura failli.

Et il est à craindre que, une fois de plus, les salariés de l’AFP doivent se mobiliser pour défendre le statut d’indépendance de l’Agence.

Mais dans l’immédiat, c’est nos droits qu’il faut défendre.

LA CGT APPELLE TOUS LES SALARIES A VENIR A L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONVOQUÉE PAR L’INTERSYNDICALE LE JEUDI 21 NOVEMBRE A 14H30 AU PREMIER ÉTAGE DE LA RUE VIVIENNE.

LE MOMENT EST GRAVE, NOUS DEVONS TOUS AGIR ENSEMBLE.

CGT toutes catégories, Paris le 19/11/2013