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L’AFP ne doit pas être privatisée !

 

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Après avoir décidé de s’en prendre à France Télévision et globalement au service public de l’audiovisuel français, Nicolas Sarkozy s’attaque désormais à l’AFP en lançant le chantier de la privatisation de la seule agence de presse non anglo-saxonne.

Ce tsunami libéral n’arrive pas dans un ciel médiatique serein puisque peu avant les Etats Généraux un rapport de la députée UMP Danièle Giazzi remis au président de la République préconisait ni plus ni moins que « la transformation de l’AFP en société anonyme » en « ouvrant son capital ».

Aujourd’hui à l’issue du Conseil d’administration de l’AFP tenu jeudi 23 octobre, l’Etat enjoint au PDG de l’AFP Pierre Louette de faire des "propositions en vue d’une modernisation du statut de l’Agence" pour voir "dans quelle mesure il est possible de doter l’agence d’un actionnariat stable".

Par pur dogmatisme idéologique, il faut abattre le statut de 1957 qui a garanti l’indépendance rédactionnelle de l’agence depuis plus d’un demi-siècle.

Si les pères fondateurs du statut n’ont prévu ni capital, ni actionnaires pour l’AFP c’est justement pour préserver l’agence de toutes les pressions. D’ailleurs l’article 2 de ce statut stipule que l’AFP "ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d’un groupement idéologique, politique ou économique."

Pour tenter de camoufler le mauvais coup, la représentante de l’Etat au Conseil d’administration n’a pas hésité à proclamer son "attachement au développement de l’agence" en affirmant que le nouveau contrat d’objectifs et de moyens (COM) serait opérationnel dès janvier 2009 pour cinq ans. Mais à quelles conditions pour les personnels ? Mystère.

L’AFP est le « fournisseur » d’informations de tous les médias, français et étrangers, écrits et audiovisuels, pour qui l’indépendance de l’agence est une absolue garantie. C’est cette indépendance qui gêne le plus aujourd’hui tous les tenants du prétendu « libéralisme » pour qui l’information doit être à leur service et non à celle des citoyens.

Ce nouveau coup porté aux medias et aux journalistes entre dans la stratégie globale de Nicolas Sarkozy en matière d’information. En premier lieu, affaiblir le service public de l’audiovisuel (et de la reprendre en main) en faisant un cadeau royal aux chaînes privées ; ensuite faire tomber les seuils anti-concentration pour permettre aux grands groupes « amis » de posséder sans partage presse écrite, radios et chaînes de télévision ; enfin, privatiser l’AFP pour mieux contrôler le flux d’information mis à disposition des différents médias.

Les Etats Généraux de la presse écrite entrent dans cette stratégie : une vague de libéralisation totale pour mettre un terme, entre autres, aux droits d’auteur des journalistes, donc à leur statut ce pour mieux concentrer la presse écrite aux mains des amis de l’omniprésident et donc corseter le pluralisme.

Pour les tenants du tout libéralisme, la boucle est bouclée.

Le SNJ CGT appelle l’ensemble des syndicats, des associations, des citoyens à ne pas laisser faire : il est temps de refuser cette casse de la presse écrite ou audiovisuelle car c’est la démocratie qui est en jeu.

Montreuil le 24 octobre 2008