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LE DROIT DE GRÉVE ATTAQUE PAR LA DIRECTION DE L’AFP

 

C’est une première à l’agence. La direction de l’AFP a cru bon de glisser dans les enveloppes des bulletins de paie de juillet une "note d’information" sur le droit de grève. Au coeur de l’été, alors que la plupart des salariés sont en congés (payés) et au moment même où l’ignoble loi El Khomri était adoptée à l’Assemblée à coup de 49-3.

Par l’intimidation et la menace, la direction de l’AFP tente de faire pression sur le personnel. Elle annonce qu’elle ne paiera désormais plus les jours de grève conformément à la loi, rompant ainsi avec la tradition en vigueur à l’Agence, alors qu’elle-même est hors-la-loi sur bien des sujets : harcèlement de salariés, mobilité contraignante, non-respect de la loi Cressard, discrimination, licenciements abusifs de locaux, etc. Les nombreux procès perdus ces derniers mois en font acte. Nous y reviendrons.

Puis sans vergogne, la direction définit la grève comme un "dysfonctionnement" ! Elle se plaint d’un "nombre significatif de journées de travail perdues" et de "dysfonctionnements qui ont conduit à des interruptions de service importantes" au cours de la grève de juin 2016. Un discours qu’on croirait remonter du fond du 19e siècle...

Le droit de grève est une des dernières armes qui reste aux salariés pour se faire entendre quand la direction de l’AFP bafoue quotidiennement le dialogue social. Et c’est précisément l’objectif d’une grève que d’impacter la production de biens ou de services ! C’est une "cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles dont l’employeur a connaissance".

En ce sens, la CGT continuera de revendiquer son droit aux dysfonctionnements !

Ce n’est pas la première fois que la direction de l’AFP tente des manœuvres d’intimidation contre les salariés visant à les empêcher de faire grève. Nous aurions aimé qu’elle mette autant de zèle à diffuser des notes aux chefs de service et aux salariés sur l’utilisation abusive des stagiaires...

Le code du travail est clair : dans le secteur privé, dont dépend l’AFP, un mouvement de grève peut être déclenché à tout moment. Les salariés qui veulent utiliser ce droit n’ont pas à respecter de préavis. Une grève est licite même si elle n’a pas été précédée d’un avertissement ou d’une tentative de conciliation avec l’employeur.

Et contrairement à ce que la direction de l’AFP essaie de faire dans la renégociation des accords d’entreprise, une convention ou un accord collectif ne peut pas limiter ou réglementer l’exercice du droit de grève. Mais sans doute que M. Hoog, en patron appliqué, aurait aimé posséder son propre 49.3.

Rappelons enfin qu’aucun salarié ne peut être sanctionné, ni faire l’objet d’une discrimination pour avoir fait grève. Aucun texte ne définit non plus si le salarié doit ou pas rester à son poste de travail, contrairement à ce qui est affirmé dans la note.

La CGT toutes catégories appelle la direction de l’AFP à cesser ses provocations à l’égard des salariés et à respecter le droit de grève. Il appelle le personnel à ne pas céder à ces manœuvres d’intimidation.

CGT toutes catégories de l’AFP, Paris le 12 septembre 2016