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Cachez cette banderole 
que je ne saurais voir !

 

La banderole sur la facade de notre immeuble, en décembre 2008

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Le personnel de l’AFP a assisté, ébahi, ces derniers jours à des escarmouches presque surréalistes autour d’une banderole. Et oui, notre banderole sur la défense de l’indépendance de l’AFP et la liberté d’information avait disparu de la façade du siège vendredi, retirée par ordre du PDG. L’intersyndicale l’avait recupérée et remise à sa place vendredi soir.

Disparition de la banderole de l'intersyndicaleSurprise ! Elle a, à nouveau, été retirée samedi à l’aube. Toujours sur ordre du PDG, qui, cette fois-ci, l’a cachée et a refusé de la rendre au Comité d’entreprise (on est tenté de dire à son propriétaire légitime, vu les arguments juridiques évoqués par Pierre Louette à ce sujet).

Il a fallu maintes réclamations des délégués du personnel et deux réunions avec Pierre Louette (avec le secrétaire du CE et avec une délégation de l’intersyndicale) pour qu’il accepte de la rendre.

Au cours de ces réunions Pierre Louette a évoqué "l’illégalité" de la pose de ladite banderole sur la façade, invoqué la propriété du bâtiment, a menacé de convoquer un huissier, parlant même de "dégradation", et affirmé qu’il ne tolèrerait plus de tels agissements, et que toute autre banderole prise en flagrant délit serait retirée et détruite.

Quelle mouche a piqué le PDG ?

Au moment où le Comité d’entreprise a déclenché un droit d’alerte en raison des dangers pour l’entreprise et le personnel contenus dans le COM —qui, outre des contraintes sociales inadmissibles, s’ingère dans les questions rédactionnnelles à très mauvais escient— et où la question de "comment s’opposer aux projets de changement du statut" alimente le débat à l’agence ; au moment où la pétition pour l’indépendance et la survie de l’AFP atteint les 12.000 signatures, souvent extrêmement prestigieuses, Pierre Louette nous fait une crise sur une simple banderole.

On pourrait en rire si l’affaire n’était révélatrice des menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’AFP.

Il pourrait s’agir d’une dérive autoritaire d’un PDG qui perd son calme dans une année qui s’annonce grave. Louette ne supporterait plus de voir exprimer des opinions contraires à ses projets, contestables et contestés.

Mais les révélations de nos confrères du Canard Enchaîné ce mercredi laissent présager des raisons encore plus graves.

Place de la Bourse on évoquait déjà des pressions politiques, mais on avait du mal à croire qu’une banderole pouvait émouvoir en si haut lieu.

Revoilà donc le débat de fond : l’indépendance de l’agence.

S’il était vrai que Louette a agi à cause des pressions évoquées par Le Canard Enchaîné, il se serait lui même déconsidéré comme PDG de l’AFP. Car, si l’on cède si prestement pour une simple banderole, quelle serait la situation en cas d’enjeu politique majeur, élection ou référendum ?

Plus que jamais, le personnel de l’AFP doit se préparer à défendre l’agence, ses missions et son indépendance, comme il l’a toujours fait dans le passé.

Mais même en ces temps difficiles, on peut se permettre l’humour et, donc, l’espoir.

Si, comme le dit Le Canard, il est vrai que dans le Palais il a été dit que tant qu’il y a la banderole il n’y aura pas de changement du Statut, alors tous les espoirs sont permis et on se met à rêver : préserver le Statut sans d’interminables débats au CE, sans conflit, sans grève...

Vite, Remettons la banderole !