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De l’AFP par temps de crise...

 

Dans une note aux chefs de poste, le PDG Pierre Louette franchit un nouveau pas dans son projet de casse de notre agence, évoquant ouvertement l’hypothèse d’un "nouveau plan de départs, sur la base du volontariat, qui pourrait concerner toutes les catégories professionnelles."

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Tout comme la plupart des autres patrons en France, M. Louette se saisit donc de la crise pour tenter de mettre en pratique des plans décidés de longue date.

Aveuglé par ses propres préjugés idéologiques, il continue à décréter que l’Etat, qui déverse des milliards sur les banques et d’autres grandes entreprises privées, serait "impécunieux" quand il est question de trouver quelques dizaines de millions pour soutenir l’AFP.

De même, il évoque le chantage de désabonnement brandi par certains clients de la presse régionale sans se demander si ces menaces ne seraient pas une stratégie concertée et réfléchie, entre le plus haut niveau de l’Etat et les industriels patrons de presse, pour miner notre agence, limiter son indépendance rédactionnelle et l’abandonner après coup dans les mains de privés ou de « mécènes fondateurs ». Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage...

Dans son projet de casse, de nos carrières, de nos salaires, de nos métiers et de nos conditions de travail, M. Louette trouvera les syndicats, et notamment le SNJ-CGT, sur son chemin.

PETITION

La pétition http://www.sos-afp.org/ lancée par l’intersyndicale CGT, SNJ, FO, CFDT et SUD il y a plus de deux mois est d’ores et déjà un succès. Le nombre des signataires –plus de 13.000- comme les noms qui y figurent, le démontrent.

Plus de 100 parlementaires européens et nationaux et responsables politiques (Philippe Dechartre, doyen du Conseil économique et social, Martine Aubry, François Bayrou, Corinne Lepage, Catherine Tasca, Laurent Fabius, Jean Charbonnel, Gérard Onesta, vice-président du parlement européen, Cécile Duflot, Marie-George Buffet, Christiane Taubira, Francis Wurtz, etc.), élus locaux, associatifs, artistes (Pierre Arditi, Michael Lonsdale, Fanny Cottençon, Abbas Kiarostami), intellectuels, chercheurs ou grandes figures morales (Edgar Morin, Noam Chomsky, Philippe Sollers, Yves Lacoste, Raymond Aubrac, Henri Alleg, l’historien Jean Delumeau, Théo Klein, Federico Mayor, Stéphane Hessel, Axel Kahn, Rony Brauman, etc.), professionnels français, européens et mondiaux de l’information (Hervé Bourges, Michèle Cotta, Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’image, Jean Lacouture, Charles Enderlin, la Fédération européenne des Journalistes, Fédération Internationale des Journalistes, Association de journalistes suédois, Association de journalistes péruviens, Syndicat suisse des médias, etc.) et la quasi totalité des porte-parole et responsables des organisations syndicales représentatives françaises ont signé.

Les citoyens signataires -et non-signataires- savent aussi la nécessité démocratique d’une information indépendante, complète et vérifiée. Tous sont directement concernés.

Dans les semaines à venir Pierre Louette, tout comme les dirigeants au plus haut niveau de l’Etat, devra en tenir compte.

« LA REFORME » CONTRE LE STATUT

A l’heure où toutes les politiques libérales sont remises en cause face à la crise, notre PDG vogue allègrement à contre-courant sans la moindre contestation des choix idéologiques et périmés qui lui sont imposés par le gouvernement.

A l’image de l’ensemble des services et biens publics, l’AFP est prise aujourd’hui dans l’hystérie frénétique de nos gouvernants adeptes des « réformes » et du « modernisme ».

Pour le SNJ-CGT toute réforme est subordonnée au progrès social et à tout ce qui sert l’émancipation des citoyens.

Or le Contrat d’objectifs et de Moyens (COM), tardivement signé, et qui par ses ingérences rédactionnelles est déjà un empiètement de notre indépendance, remet clairement en cause la couverture de l’agence et son maillage, tout en s’attaquant explicitement aux emplois et à sa mission d’information généraliste.

« EVOLUTION » DU MONDE DE L’INFORMATION

Une lecture attentive du COM démontre que tout le projet de démantèlement de notre statut repose sur une notion creuse de "révolution technologique" qui ressemble fort à une pétition de principe. Dans la pratique, les principales avancées technologiques auxquelles peut prétendre la direction actuelle de l’agence relèvent davantage du gadget (cf le jeu sur Facebook) que d’une véritable compréhension des nouvelles technologies.

Et sous prétexte de ce passage au tout multimédia, la direction affiche ses desseins. Par exemple, page 10, chapitre 4 – Sceller une « nouvelle alliance » avec la PQR : « élaborée avec un partenaire technique, assurant la mise à disposition d’une plateforme technique, et avec un régisseur publicitaire, la fourniture gracieuse de vidéos AFP financées par la publicité pourra constituer un plus intéressant pour les sites de presse. »

Le SNJ-CGT a saisi le Conseil Supérieur de l’AFP sur la question des recettes publicitaires touchées directement par l’AFP. Nous n’avons pas eu gain de cause, mais cette question reste d’une actualité brûlante, comme le montre le site "AFPRelaxnews", créé en partenariat avec une agence spécialisée dans la fourniture de contenus sur mesure. Sous son slogan humiliant - "Je me détends avec l’AFP - et vous ?", notre PDG a créé un produit innovant : le premier fil mondial d’information sur les loisirs qui vend du temps de cerveau disponible par temps de crise !

Le COM2 prévoit dans l’introduction, page 3 « le retour de l’Agence vers les conditions d’une rentabilité (…), son adaptation continue aux évolutions du monde de l’information, notamment par un développement soutenu de ses recettes commerciales et par la maîtrise de ses charges » et dans son premier engagement, page 5, « un effort de maîtrise des charges – et en particulier de celles liées au personnel – (…). » Nul doute que les dizaines de CDD et pigistes quasi-permanents qui travaillent depuis des années pour l’agence apprécieront...

Ladite "évolution du monde de l’information" a même fait regretter au PDG, lors d’une récente réunion, « le retard pris après le ratage du projet pages froides » dû, selon lui, à la « posture idéologique de certaines organisations ». Projet pourtant très couteux et prévisible échec - sauf pour Pierre Louette - qui n’avait que très peu de rapport avec le métier d’une agence de presse mondiale et généraliste.

Les dernières dérives concernant la pipolisation du service à propos de l’affaire Séguéla-Sarkozy montrent, si besoin est, l’absence totale de repères journalistiques de ceux qui ont en charge le respect de la déontologie à l’agence.

Aujourd’hui tous les faits attestent que seuls la mobilisation et le rapport de force peuvent faire reculer des projets hasardeux allant à l’encontre des intérêts des salariés, à l’AFP, comme pour beaucoup de professions dans le pays.

Il ne tient qu’à la détermination des salariés de l’agence, employés, techniciens, journalistes, de refuser le plan de privatisation de l’AFP, ses risques sur l’emploi ainsi que le renoncement aux règles et missions de notre métier.

SNJ-CGT, Paris le 24 février 2009

Elections professionnnelles : dès le 9 mars, votez et faites voter pour les listes SNJ-CGT !

Et si vous n’avez pas encore signé la pétition, il est encore temps.