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La situation des agences de presse : communiqué intersyndical

 

COMMUNIQUÉ DES SYNDICATS SNJ ET SNJ-CGT

Des syndicats européens tirent la sonnette d’alarme sur la situation gravissime des agences de presse internationales.

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Les syndicats de journalistes britannique (NUJ) et français (SNJ et SNJ-CGT) réunis le 21 mars à Paris ont dénoncé la situation gravissime des principales agences de presse internationales en raison des politiques néo-libérales appliquées par les directions de ces entreprises dont le rôle est pourtant essentiel à la qualité de l’information dans le monde.

Les représentants syndicaux de ces agences (AP, AFP, Bloomberg, Efe, Reuters) ont décidé de témoigner de façon urgente leur solidarité aux salariés d’AP, confrontés à un recentrage des activités de l’agence sur le marché américain comportant des menaces sur les structures comme à AP-France et d’autres langues ainsi que sur les emplois (400 départs programmés).

Ils ont également pris l’engagement de soutenir et populariser les luttes menées par les syndicats et les personnels de l’AFP contre le projet actuel de modification du statut de 1957 garant de l’indépendance de l’AFP, avec les risques de prise de contrôle par des capitaux privés et de plans sociaux qui pourraient compromettre l’activité de l’agence dans le monde.

Les syndicats ont fait le constat que les directions de l’ensemble des agences, en mission pour leurs actionnaires ou les puissances publiques, utilisent la crise économique pour justifier ici des réductions d’emplois, là un gel des salaires. Ceci pour conduire globalement à une productivité accrue en niant là où elles peuvent les droits des journalistes et en cherchant à utiliser la précarité pour faire pression sur les salariés.

Les représentants syndicaux mettent en garde les responsables des agences et leurs mandants contre une telle orientation malthusienne qui risque de mener à une baisse tendancielle de la qualité de l’information, par une réduction des réseaux et sous le prétexte de la globalisation numérique de faire de l’information low cost avec des journalistes - orchestres qui se verraient contraints à la polyvalence des tâches privilégiant la forme au fond, le journalisme citoyen au journalisme d’enquête, au rédacteur sédentaire, rivé à son écran en oubliant faute de temps et de moyen la recherche et la vérification sur le terrain.

Pour les syndicats signataires, il est évident que les agences de presse doivent au contraire conserver leur rôle visant à délivrer une information de qualité, sûre et vérifiée, face à une blogosphère de plus en plus liée à une information marchandisée ou pipolisée. Les menaces qui pèsent sur l’avenir de certaines des grandes agences, les concentrations (mainmise du groupe canadien Thomson sur Reuters), les contrôles boursiers (la prise de contrôle de Murdoch sur Dow Jones), sont autant d’atteintes au pluralisme des sources pour l’information des professionnels et en conséquence des citoyens.

Les représentants du NUJ, SNJ et SNJ-CGT ont décidé de créer un comité de coordination et vont appeler l’ensemble des syndicats européens à participer à une prochaine réunion de ce groupe de travail consacré aux agences pour l’échange d’informations et assurer la défense des journalistes et de leurs outils de travail. Une réflexion va également s’engager sur l’avenir des agences photographiques dont le sort est en sursis.

Ils ont pris enfin l’engagement de s’adresser aux différents partis et candidats à l’occasion des prochaines élections européennes et saisir le Parlement européen et les pouvoirs publics pour les alerter sur la situation des agences internationales.

Paris, le 22/3/2009