Syndicat de journalistes CGT - section de l’Agence France-Presse

Agence France-Presse Branch of the French National CGT Journalists' Union (SNJ-CGT)


Accueil du site

 

Statut : le PDG avance masqué vers la privatisation

 

PDF - 145.8 ko
Version imprimable

Lors du Comité d’entreprise de ce mardi 31 mars, le PDG Pierre Louette a informé vos représentants de la remise au gouvernement d’un projet, de 30 pages, de modification profonde de nos statuts.

Si M. Louette s’est gardé de nous donner bon nombre de renseignements essentiels, il en a dit suffisamment pour confirmer que l’AFP est confrontée à l’une des menaces les plus graves, sinon la plus grave, de son histoire.

L’AFP serait transformée en "société nationale de droit commun à capitaux publics", coiffée d’une "fondation" qui remplacerait certaines des fonctions du Conseil supérieur actuel, mais qui serait également autorisée à lever des fonds. La société nationale - qui aurait en fait la même forme juridique qu’une société anonyme - aurait comme actionnaires principaux la Caisse des Dépôts et/ou l’Agence des Participations de l’Etat.

Mais le PDG ne nous dit pas qui seraient les membres de ladite fondation, ni qui seraient les membres du conseil d’administration de la nouvelle société.

Les dangers de voir une société de capitaux publics transformée en entreprise privée sont réels. Parmi les nombreux exemples de l’histoire récente, citons la Seïta, GDF ou (peut-être demain) La Poste.

Mais sans attendre cette évolution, dès le statut changé, l’AFP serait en danger de disparition à tout moment. En effet, le statut actuel nous met à l’abri d’une liquidation judiciaire. Puisque notre entreprise actuelle n’est pas de droit public, elle ne peut ni être traînée devant le Tribunal de Commerce, ni être déclarée en faillite.

Quant à l’indépendance - mot que le PDG n’emploie dorénavant que suivi du qualificatif "rédactionnelle", ce qui n’a pas de sens - qui pourrait nous faire croire qu’un futur actionnaire, voire un généreux donateur de la fondation, ne chercherait pas à en tirer un bénéfice, certes non financier, mais en termes de communication ?

L’un des objectifs déclarés du PDG est d’obtenir des fonds importants pour "développer" l’AFP.

Malheureusement, s’il parle bien de développer les métiers de base, il insiste surtout sur la diversification, parlant de services divers et variés tels que Citizenside, les réseaux sociaux et les quizz à la mode de Newzwag.

Bien qu’il se défende, encore une fois, d’être sous l’emprise d’une "aveuglante fascination pour la modernité", il est clair que ces fonds qui servent de justification à la casse de notre statut serviraient surtout à financer des acquisitions d’entreprises qui n’ont rien à voir avec le journalisme, avec nos missions.

En ce qui concerne le rôle de l’Etat, le PDG propose un nouveau partage entre les abonnements à nos services et des financements justifiés par notre mission d’intérêt général. Outre qu’on voit mal où se situent les limites entre les deux, comment une telle disposition pourrait-elle modifier la possibilité pour tel ou tel gouvernement d’exercer des pressions comme celles que nous avons subies en mai dernier ? Pire encore, on risque à terme de voir apparaître une AFP à plusieurs vitesses, susceptible d’être vendue à la découpe.

Concernant le personnel, le PDG n’est pas à une contradiction près. Il a à nouveau évoqué un plan de départs volontaires sans nous donner le moindre détail (en attendant l’arrivée du nouveau DRH). En même temps, il répète que le statut actuel a empêché l’AFP de se développer pleinement, donnant pour preuve le fait que le nombre de salariés n’a presque pas augmenté depuis 50 ans !

Et en même temps il nous propose aujourd’hui un "plan de développement" pour l’AFP avec des réductions d’effectifs. Sans parler du fait qu’il ne reconnaît pas l’énorme augmentation de la productivité des salariés de l’AFP, nous avons l’impression qu’il nous prend pour des imbéciles.

Face à la volonté manifeste du PDG de poursuivre avec la casse de nos emplois, de nos métiers et de notre statut, le SNJ-CGT maintient sa détermination de s’opposer à ce projet. Dès demain nous nous concerterons avec les autres syndicats dans ce but.

Nous le répétons : dans ces circonstances, la participation aux élections professionnelles qui se poursuivent jusqu’au 9 avril est essentielle.

VOTEZ ET FAITES VOTER POUR LES CANDIDATS DU SNJ-CGT.

SNJ-CGT, le 31 mars 2009