Syndicat de journalistes CGT - section de l’Agence France-Presse

Agence France-Presse Branch of the French National CGT Journalists' Union (SNJ-CGT)


Accueil du site

 

L’AFP doit garder son indépendance

 

PDF - 78.9 ko
Version imprimable

Crise économique et politique rendent gouvernement et patrons fébriles. Le contrôle de l’information est déterminant pour éviter toute explosion sociale d’envergure. Les concentrations des médias s’accélèrent donc au profit des grands groupes industriels liés à l’Etat ; le président de la République s’arroge le droit de nommer les dirigeants de France Télévision et de Radio France.

Dans ce contexte, l’avenir de l’AFP, fournisseur de l’information à tous les médias, est en jeu. Son statut en fait en effet l’un des derniers medias indépendants des pouvoirs d’argent ; l’agence est gravement menacée par un projet de réforme de son statut à la demande du gouvernement.

Sous prétexte de la crise, de manque de possibilités financières, le président de l’agence prévoit de mettre un terme au statut de 1957, dit statut de la Liberté, pour faire entrer des actionnaires et préparer la privatisation de la seule agence mondiale d’information mondiale non anglo-saxonne.

La décision de modifier le statut de l’AFP est purement politique. Le président de la République, à l’issue des Etats Généraux de la Presse, a su trouver 600 millions d’euros pour venir en aide au patronat de la presse et des dizaines de milliards ont été prêtés pour sauver le système bancaire ou l’industrie automobile. Comment comprendre qu’il ne serait pas possible de dégager des ressources pour développer l’AFP.

Pour la CGT, cette attaque contre le statut de l’agence est à mettre sur le même plan que les menaces sur le statut de la Poste, les missions de la Recherche, de la Santé, de l’enseignement, etc.

La CGT estime que l’entrée d’actionnaires à l’AFP est contraire au maintien d’une agence indépendante qui délivre une information de qualité reconnue par tous. L’AFP ne doit pas passer sous contrôle de puissances d’argent.

La présence d’une AFP forte, voulue par les législateurs de 1957, est une garantie du pluralisme des sources, de l’assurance d’une information sure et vérifiée nécessaire aux professionnels et à l’opinion publique.

Il s’agit ici d’un droit constitutionnel que la CGT contribuera à défendre.

Montreuil, le 9 avril 2009