Syndicat de journalistes CGT - section de l’Agence France-Presse

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PRECAIRES : LA DIRECTION S’OBSTINE DANS LE REFUS

 

Le mouvement des précaires, CDD, pigistes et ex-CDD devenus locaux continue de grandir dans la maison. La direction, têtue, obstinée et sans doute trop absorbée à élaborer dans le détail la casse du statut, s’enferme entre les murs du 6ème étage en feignant d’ignorer la réalité d’une précarité qui s’amplifie, confirmée par les dizaines de témoignages reçus par l’intersyndicale. La patience du personnel précaire est à bout.

Lors d’une réunion avec les élus, le 29 octobre, la direction n’a, une fois de plus, rien avancé pour les précaires, excluant de fait toute ouverture dans la négociation. Le directeur des Ressources humaines a tenté de noyer le poisson en évoquant les départs naturels dans les quatre prochaines années, une soixantaine selon lui. Mais sans prendre d’engagement sur leur compensation intégrale par des embauches. Et en insistant sur l’incertitude qui prévaut sur le nombre de départs, l’âge de la mise à la retraite d’office ayant été repoussé de 65 à 70 ans.

Le ridicule ne tuant pas, Jean-Louis Vidot a même proposé de faire « acter »dans un document cette prévision aléatoire, en arguant d’une réelle avancée de sa part !

Oubliant volontairement les pigistes les plus anciens, il campe sur sa proposition de titularisation de 17 CDD. Alors que c’est, bon an mal an, le chiffre moyen des embauches à l’Agence depuis des années !

Le SNJ-CGT exige 30 titularisations d’ici fin 2010 et réclame un échéancier d’intégration sur les années à venir pour les autres. Il demande aussi la requalification en CDI des pigistes permanents les plus anciens, toutes qualifications confondues.

Notre syndicat le répète : ces 30 titularisations ne doivent en rien être liées à des départs, mais servir à régulariser des situations illégales. Elles ne doivent pas se faire non plus au détriment des autres catégories de personnel. GESTION SANS ÉTATS D’ÂME

Depuis de (trop) nombreuses années, des pigistes occupent des postes de permanents. Des jeunes journalistes effectuent CDD sur CDD sans perspective. Des services ne fonctionnent parfois que grâce à eux. Le SNJ-CGT a recensé près d’une quarantaine de pigistes et CDD effectuant un travail de permanent depuis 1992 mais dont les droits ne sont toujours pas respectés. Une large majorité d’entre eux est disponible 365 jours/an et 24/24H. D’autres attendent avec anxiété le coup de fil après un délai de carence. D’autres encore sont partis tenter leur chance dans des bureaux à l’étranger, où des postes statut siège ont été supprimés et remplacés par des ex-pigistes devenus locaux créant une discrimination flagrante dans le traitement des expatriés.

C’est le résultat d’une gestion sans état d’âme, subordonnée aux projets du PDG de transformation du statut de 1957 et donc de réduction des personnels.

Dans une logique unique de rentabilité, le Contrat d’objectifs et de moyens (COM 2), signé fin décembre 2008, prévoit un "redéploiement des effectifs de 10% des effectifs journalistes (...) au profit de ses priorités thématiques, linguistiques, régionales et des nouveaux produits" ainsi que "d’alléger, voire de démonter (...) les implantations qui ne correspondraient plus aux exigences immédiates de l’information". Réduction des effectifs et sous-traitance de pans entiers de l’information, les objectifs du PDG et du COM se précisent dans le rapport Louette de mars dernier sur la transformation du statut. On y lit par exemple que le réseau de couverture en France et en Afrique francophone est caractérisé par "sa surdensité" !

Exécutant zélé de cette feuille de route que lui a assignée le PDG, le directeur des ressources humaines refuse de prendre en compte la réalité du mouvement de revendications.

Pierre Louette tente une stratégie de division. Après une offensive médiatique tout azimut à micros et carnets ouverts, et sans contradicteurs, il commence dans quelques jours une tournée en interne des services pour "dialoguer avec les journalistes uniquement sur la question du statut". Le personnel n’est pas dupe de la tromperie : d’un côté "dialogue’ avec les personnels et de l’autre mépris des plus précaires et des représentants élus.

Nul n’est censé ignorer la loi. Surtout pas Pierre Louette ancien de la cour des comptes et du cabinet Balladur. Si la direction continue ses manoeuvres de diversion, le SNJ-CGT demandera de mettre à l’ordre du jour du prochain Comité d’ Entreprise la mise en place de mesures pour résorber la précarité. En cas de refus, les élus CGT saisiront l’inspection du travail pour mener une enquête qui pourra transmettre les résultats de celle-ci au procureur de la République.

Le SNJ-CGT utilisera tous les moyens légaux mis à sa disposition pour défendre les droits des salariés les plus précaires.